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ADN

Une chevauchée à la recherche de la vérité scientifique

Le World Ride n’est pas seulement le premier voyage équestre autour du monde, c’est aussi la plus grande entreprise de recherche d’ADN équin de l’histoire.

Travaillant avec d’éminents spécialistes de la génétique équine, Basha O'Reilly rassemblera des échantillons de poils de toutes les  races rencontrées pendant le tour du monde. Un appel international sera également lancé aux propriétaires de chevaux du monde entier, afin que les animaux qui ne sont pas sur l'itinéraire du voyage puissent aussi être répertoriés. Grâce à une alliance internationale de coopération équestre, culturelle et scientifique sans précédent, le but sera de construire la première chaîne  continue d'ADN équin.

La création de la première chaîne d'ADN équin au monde apportera des possibilités incroyables, y compris celle d’élucider certains mystères sur les origines du cheval.

 

Bien que le cheval ait vécu au côté de l'humanité pendant des millénaires, nombreux de ses mystères ne  sont pas encore éclaircis et en raison d'un manque de preuves scientifiques, les concepts équestres finissent souvent par être débattus avec plus de passion que de preuves. L’ensemble du projet d'ADN équin offrira une multitude de nouvelles réponses dans des domaines s'étendant de l'archéologie à la zoologie.

 

Il ne s’agit pas de dire que le cheval n’a pas intrigué les érudits depuis des générations,  la littéraire et les données archéologiques sont là pour le prouver. Flavius Renatus, un Romain du quatrième siècle, écrivit un traité sur les chevaux du monde antique et au treizième siècle, le remarquable guerrier Mamelouke, Abu Bakr, tenta de répertorier toutes les recherches faites sur le sujet.

 

Malgré les études précédentes, il existe encore un gouffre entre la recherche sur le terrain et la recherche scientifique, même si  un être aussi exceptionnel que Karl Linnaeus donna le ton en lançant la recherche sur le terrain pour étayer des données scientifiques.

 

A première vue, Linnaeus n'avait rien d’un pionnier en biologie ni d’un cavalier au long cours (Long Rider) extraordinaire mais il fut néanmoins les deux. Naturellement, si personne  n'a reconnu son importance en 1732, c’est en partie parce que le jeune Karl n’était considéré que comme le simple fils aîné d'un curé suédois. Tout changea la veille de son vingt-cinquième anniversaire. Ce jour-là, équipé d’un herbier et l’esprit plein de folles aventures, Linnaeus sella son cheval et quitta la maison familiale d’Uppsala. Il avait pour mission de se rendre vers le nord, en Laponie, une région habitée par les tribus des Sami, un peuple vivant avec ses troupeaux de rennes dans la toundra gelée.

Linnaeus était convaincu que cette région arctique découpée dans les glaciers possédait des plantes d’un grand intérêt scientifique. Cependant, lorsqu’il commença à découvrir ces plantes  rares et utiles et qu’il voulut les classifier, il se rendit compte à quel point le système de classification des plantes et des animaux et leur dénomination  étaient désordonnés. En se basant sur des critères multiples, on attribuait alors divers noms complexes  aux mêmes espèces.

 

Linnaeus le Long Rider changea tout cela.

 

Pendant son voyage équestre, il conçut un système de nomenclature des êtres vivants basé sur une épithète simple et spécifique à chaque sujet. Par exemple, l’espèce humaine est uniquement identifiée par le binôme Homo sapiens. Aucune autre espèce animale ne peut avoir ce binôme. Avant le système maintenant connu sous le nom de taxonomie de Linnaeaus, les animaux étaient classifiés selon leur mode de déplacement. Pendant son séjour productif et agréable chez les Sami, Linnaeus a adopté les vêtements et le style de vie de ses hôtes  ingénieux. Tout en apprenant à savourer la viande de renne, le scientifique débutant fut aussi occupé à découvrir plus de 100 nouvelles espèces de plantes. En fait, on a attribué à Linnaeus la classification et dénomination de plus de 4.000 animaux et près de 8.000 plantes au cours de sa carrière.

 

Il fut souvent dit que la Laponie était pour Linnaeus ce qu’étaient les îles des Galápagos pour Charles Darwin, l'autre célèbre Long Rider scientifique qui prit sa relève.  Pourtant, même si les découvertes scientifiques des deux hommes sont maintenant bien connues, peu se souviennent qu'ils ont partagé un amour commun pour le voyage équestre.

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Lors des cinq années que durèrent son célèbre voyage scientifique autour du monde,  Charles Darwin a saisi chaque occasion d'explorer les continents de l'Amérique du Sud, de l'Australie et de l'Afrique à cheval. Cette expédition avait-il dit« fut l'événement le plus important dans ma vie. »

Grâce à son intérêt pour les équidés et sa conviction que l’instinct de migration est le plus fort de tous les instincts animaux, Charles Darwin fut parmi les premiers à entreprendre des recherches sur l'origine du cheval moderne. Le scientifique évolutionniste soumit l’hypothèse d’un même ancêtre sauvage pour tous les équidés. Selon cette théorie, d’après Darwin, il n’existait qu’une espèce de chevaux sauvages qui, en toute probabilité était identique au cheval de Prjevalski. Le scientifique anglais a donc considéré que tous les chevaux domestiques actuels pouvaient descendre de cette espèce.

Charles Darwin, vu ici sur son cheval, Tommy, espérait que grâce à ses recherches, il pourrait, « attendre avec intérêt une moisson, aussi éloignée soit- elle, ou le fruit serait récolté avec profit. »

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Darwin n'a pas eu à attendre longtemps, car la découverte vers la fin du 19ème siècle, d’objets équestres façonnés à l'âge de fer déclencha une bourrasque de spéculations dans le monde scientifique qui dura pratiquement jusqu'à la première guerre mondiale. Pendant cette période, des chercheurs examinèrent un nombre restreint d'objets artisanaux  puis soumirent des théories sur l'origine, la migration et l'histoire du cheval. Une étude sur différents crânes mena néanmoins des paléontologues tels que le professeur James Cossar Ewart, à croire qu'il y avait plusieurs types d'équidés différents, chacun avec son propre ancêtre sauvage, comprenant le cheval des steppes Scythes, le poney celtique et le cheval d’Europe occidentale du nord. Ewart a également émis l’hypothèse que l'Equus Celticus puisse avoir vu le jour à une époque de grande migration animale, lorsque les îles britanniques étaient reliées à l'Europe. Charles Darwin a fait l’éloge du travail innovateur d'Ewart.

Ainsi, ce sont les observations équestres faites par Linnaeus, Darwin et Ewart au dix-neuvième siècle qui ont posé les fondements de l'expérience équestre la plus passionnante de tous les temps : l'exploration de l'ADN équin du 21ème siècle.

Professor James Cossar Ewart d'Edinburgh a travaillé avec toutes sortes d'équins, y compris le zèbre d'afrique, avant de ménir une commission royale qui a sauvé d'extintion le poney Connemara, une autre victime de la disette de la pomme de terre en Irelande de 1845.

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